Le Premier ministre nous a transmis hier soir, tard, une lettre dans laquelle il précise le cadre des discussions sur les retraites. Sous la pression du MEDEF et de certaines organisations syndicales de salariés, le Premier ministre a décidé que cette instance traiterait principalement du régime général excluant presque de fait toute discussion sur l’ensemble des autres régimes de retraites (fonctionnaires, régimes spéciaux, agriculteurs…).
Si cette décision a pour conséquence d’exclure la plupart du temps l’UNSA et la FNSEA de ces discussions, elle a surtout pour effet d’obérer l’espoir de voir enfin le dossier des retraites traité avec justice et équité. Scinder la concertation sur la réforme des retraites en volets distincts rendra de facto impossible toute discussion sur des points communs essentiels comme l’âge de départ à la retraite ou la durée de cotisation. Or, ces paramètres sont identiques pour l’immense majorité des travailleurs, quels que soient leurs régimes. Cela est vrai pour ces paramètres, mais également pour d’autres, comme l’indexation des pensions ou l’imposition des retraites, qui est la même quel que soit le secteur d’activité. Bref, ce format ne pourra pas vraiment permettre de toucher aux grands équilibres.
Ce distinguo pose un problème majeur pour le régime général. En effet, ce dernier gère avec la CNAV les contractuels de la fonction publique de droit privé, qui représentent environ 2 millions de personnes. Preuve est faite qu’une approche binaire de la question constitue une erreur.
Dans un contexte où notre pays a plus que jamais besoin de stabilité, il est pour l’UNSA indispensable de sortir par le haut de cette réforme des retraites qui depuis deux ans dégrade le climat social et affecte la société française dans son ensemble. Cela nécessite un dialogue constructif et la recherche d’une solution qui tienne compte à la fois des enjeux sociaux et économiques tout en garantissant une justice intergénérationnelle. Malheureusement, scinder la concertation, ce que certains n’ont eu de cesse de provoquer, compromet gravement cet objectif.
L’alliance de tous ceux qui souhaitent que rien ne bouge a encore frappé. En saucissonnant les concertations et en excluant l’UNSA d’une partie des discussions, laquelle souhaite parvenir à un accord juste et équilibré, on réduit ainsi la perspective d’un compromis global et profitable à l’ensemble de la population.
L’UNSA sera très attentive à ce que le courrier du Premier ministre soit respecté à la lettre.
L’UNSA remercie sincèrement Jean-Jacques Marrette d’avoir accepté cette mission difficile. Lui, comme l’UNSA, a l’intérêt général chevillé au corps. L’UNSA reste à sa disposition et conserve un état d’esprit résolument constructif. L’UNSA donne toujours priorité à l’intérêt général face aux intérêts particuliers.
Nous saluerons les mesures qui pourraient être des avancées, que nous soyons directement ou non impliqués pour les obtenir.
Laurent Escure, Secrétaire général
Dominique Corona, Secrétaire général adjoint